crète antique : exposé (partie 1)
Civilisation Crétoise
Sommaire
· Période paléopalatiale
· Période néopalatiale
· Période postpalatiale
· Théories de l'échec
· Géographie et climat
· Agriculture
· Le linéaire A
Le linéaire B
Les enseignements des tablettes
Le palais de Cnossos
La période du minoen
Les occupations successives
La situation de
Les premières populations crétoises
Le rôle dirigeant du palais
Un pouvoir non centralisé
L'architecture palatiale
Les fresques
Les arts décoratifs
De nombreux sanctuaires
Les représentations divines
L'activité économique
Les influences extérieures
L'homosexualité
Le droit
Une longue léthargie
La domination turque
La civilisation minoenne se développe en Crète de 2700 à 1200 av. J.-C.
Les Minoens ont créé une civilisation ancienne sur ce qui est actuellement la Crète (en Méditerranée), pendant l'âge du bronze, avant l'arrivée de la culture de
Elle s'étend de 2100 à 1650 av J.-C. C'est durant cette période que seront construits les premiers palais à Cnossos, Phaistos et Malia dans les plaines les plus fertiles de l'île. Ces palais disposent de vastes magasins où sont entreposées les denrées agricoles (blé, vin, huile d'olive) dans de grandes jarres appelées pithoi. Ces constructions, qui ont exigé beaucoup de main-d'œuvre, les nombreux sceaux retrouvés, notamment à Phaistos, et des traces d'écritures hiéroglyphiques, dénotent la constitution, dès cette époque, de fortes autorités hiérarchisées. Les échanges commerciaux se développent grâce à une puissante flotte.
Vers 1650 av. J.-C, suite à des catastrophes naturelles, vraisemblablement séismes et raz de marée liés à l'explosion du Santorin, les palais de Cnossos, Phaistos et Malia sont détruits puis rapidement reconstruits. Le palais de Zakros voit le jour. C'est la période dite des nouveaux palais. Elle constitue l'apogée de la civilisation minoenne. Des villes côtières, comme Gournia, se développent.
Des « villas » rurales contrôlent l'exploitation agricole d'un territoire et les échanges commerciaux. Ces grandes résidences indiquent une hiérarchisation croissante de la société avec l'apparition d'une classe d'officiels de rang élevé. Il est vraisemblable qu'à cette époque
Elle s'étend de 1450 à 1200 av. J.-C. La période précédente se termine par une nouvelle catastrophe, vers 1450. Les sites (Phaistos, Haghia Triada, Malia...) sont ravagés par des incendies. Deux hypothèses sont communément admises pour expliquer cette nouvelle interruption : de forts séismes, ou une invasion extérieure généralisée, celle des Achéens.
Les deux cultures se mélangent. Le mégaron mycénien remplace le labyrinthe minoen, la céramique locale cède le pas à la koinè, la langue grecque supplante progressivement la langue autochtone. Après 1400, Cnossos est totalement détruit.
Il est possible que les réseaux de commerce se soient effondrés, et que les villes minoennes ont péri par la famine. Selon cette théorie, les minoens auraient reçu leur blé des fermes sur le littoral de la mer noire.
Maints historiens croient que les anciens empires de traite risquaient constamment d'être détruits par la traite « non-économique », c'est-à-dire que la nourriture aurait été sous-évaluée vis-à-vis du luxe, parce que la comptabilité n'était pas encore développée. Le résultat pourrait avoir été la famine et la diminution de la population.
Une autre théorie de l'effondrement minoen est que quand on commençait à utiliser des outils de fer, les minoens, qui vendaient de l'étain pour produire du bronze, commençaient à s'appauvrir. Lorsque leurs réseaux de traite n'existaient plus, les famines régionales commencèrent à se développer et il leur était impossible d'arrêter des famines par la traite.
D'autres historiens théorisent que les capacités navales des minoens furent endommagées en quelque manière par l'explosion de la ville de Thera. Cette explosion aurait mené à une conquête par les mycéniens, et ces derniers ne pouvaient pas gérer un grand empire commercial.
Aussi, on théorise qu'un volcan sur l'île de Thera (appelée aussi Santorin), au nord de
Certains proposent qu'une invasion mycénienne eut lieu après l'éruption et que celle-ci a mené à la chute de la civilisation minoenne. On dit d'ailleurs que cette éruption aurait inspiré la légende de l'Atlantide.
Géographie et climat
Selon Homère,
Les Minoens élevaient des vaches, des moutons, des cochons, des chèvres ; ils cultivaient du blé, de l'orge, de la vesce, du pois chiche, des figues, des olives, et des raisins.
Les agriculteurs utilisaient des charrues en bois, liées par cuir aux manettes en bois, traînées par des paires d'ânes ou bien des bœufs.
Existait en Crète minoenne plusieurs sortes d'écritures, qui furent répertoriées par Arthur Evans, lors de ses recherches archéologiques. Au début on utilisa, comme en Egypte, des systèmes d'écriture hiéroglyphique.
Dès le minoen moyen apparaît une écriture syllabique que les linguistes appellent le «linéaire A», et qui fut utilisée jusqu'à la catastrophe de 1400 av. J.-C. Vers le milieu du XV e siècle av. J.-C., une écriture simplifiée, qu'on appelle «linéaire B», apparaît à Cnossos; on la retrouve dans toutes les villes crétoises sur quelque 5'000 tablettes. La découverte de tablettes similaires à Mycènes et à Pylos et leur déchiffrement partiel fournissent des informations de fond sur la civilisation minoenne. Si ces tablettes ne fournissent pas de renseignements sur la vie quotidienne crétoise, elles ont cependant complètement modifié les appréciations archéologiques quant aux relations entre Achéens et Crétois.
Le linéaire A
On ne peut cependant vraiment parler d'écriture qu'à partir de l'époque des premiers palais. Seuls 270 documents, tous provenant de Crète (essentiellement de Cnossos et de Malia), nous renseignent sur cette écriture hiéroglyphique qui, utilisant des sortes d'idéogrammes, semble avoir eu une double fonction: décorative et déjà, le plus souvent, administrative et comptable.
Elle disparaît à l'époque des seconds palais, et il est impossible de dire si elle notait la même langue que celle qui s'exprime par la suite grâce au linéaire A. Cette écriture syllabique, plus largement répandue puisqu'on a recueilli 1427 documents, garde encore son mystère: seuls une douzaine de signes sont «lus» actuellement.
Le linéaire B
Heureusement, il n'en est pas de même du linéaire B, manifestement dérivé du linéaire A mais utilisé pour noter un grec archaïque.
Le déchiffrement du linéaire B, réalisé en 1952-1953, par Michael Ventis et John Chadwick, a révélé que la langue employée était, en fait, le grec, ce qui signifie que les Crétois ont eu des rapports plus précoces et plus intenses qu'on ne le pensait avec le reste de
Le linéaire B est, on le sait, l'écriture des Mycéniens; les tablettes de Cnossos apportent donc la preuve de leur présence dans l'île, mais un désaccord subsiste entre les spécialistes sur un point essentiel: ces tablettes proviennent-elles de la couche de destruction du palais ou sont-elles d'une époque plus tardive du XIII e siècle, voire de la fin de ce siècle ? Le problème de la disparition du système palatial, en Crète, rejoint celui de la datation de la présence mycénienne à Cnossos.